Un mois pour une année

Dans le Lochois, on connaît l’EARL Champion pour son élevage caprin, géré par Sandrine Champion. Mais cette exploitation agricole fait aussi dans la polyculture. Le domaine d’Antoine Champion (36 ans), frère de Sandrine et codirigeant de la société.

Photo moisson

Mutualisation

Antoine Champion a repris les terres familiales et exploite un peu plus de 250 ha, répartis entre Beaulieu-lès-Loches, Ferrière-sur-Beaulieu, Genillé et Loches. Il récolte du blé (40 % environ de sa production), orge et colza (40 autres %), mais aussi lin, tournesol, maïs, etc. (20 % restants).

L’agriculteur s’est engagé dans une mutualisation de moyens avec un autre agriculteur, installé à Genillé, Cédric Joubert. En 2013, ils ont acheté ensemble une moissonneuse-batteuse récente de la marque John Deere. Montant de l’investissement commun : 240 000 €. « C’est un échange de bons procédés qui s’est fait naturellement puisqu’on est de très bons amis, explique Antoine Champion. On mutualise nos tracteurs et remorques au moment de la moisson. On veut que cela soit fonctionnel et productif. Avant moi, mon père faisait de même. Il n’a jamais été dans des Cuma (Coopérative d’utilisation de matériel agricole). C’est notre état d’esprit. Les Cuma, ce sont des contraintes et une autre manière de fonctionner. Je ne veux rendre de compte à personne, et lorsqu’on n’a pas de matériel, il faut s’adapter aux autres. Et l’ancienne moissonneuse-batteuse tombait souvent en panne, ce qui retardait la moisson ».

Précocité

La moisson, une période charnière pour l’agriculteur. « C’est le salaire d’une année qui se joue, il ne doit pas se louper », estime Sandrine Champion. Et cette année, le céréalier a dû entamer plus tôt que prévu la récolte des grains. « De manière générale, on effectue l’essentiel de la moisson le long du mois de juillet. Mais là, on a commencé avec l’orge dès le 22 juin, indique l’agriculteur. On s’attaque au blé vers le 14 juillet, mais moi et certains agriculteurs avons déjà commencé à le récolter au début du mois. » Une précocité que l’on doit aux conditions climatiques estivales favorisant la maturité des grains et des plants. « Après, on fait au jour le jour, poursuit Antoine Champion. Plus vite on récolte, mieux c’est ».

transmission graines

Risques

Le céréalier a actuellement une crainte : celle d’une averse de grêle. « S’il pleut, on est déjà stoppé une à deux journées selon les céréales. Un orage avec de la grêle peut anéantir toute une récolte. » Sans oublier d’autres risques, liés aux fortes températures notamment. « On a entendu parler de plusieurs incendies sur des champs. Le sol est très sec et avec du vent, il suffit d’un simple frottement avec de la pierre pour faire une étincelle… Il faut être très vigilant, une campagne de moisson peut vite se transformer en cauchemar. L’an dernier, on a arrêté la moissonneuse-batteuse et sous le moteur, il y avait une boule de paille qui commençait à prendre feu. On a rapidement mis de l’eau pour stopper ce début d’incendie ».

Antoine Champion a terminé sa récolte d’orge, avec une moyenne de 65 quintaux à l’hectare. Il espère obtenir aux alentours de 40 q à l’hectare pour le colza, et 75 q pour le blé. « Ce serait une bonne récolte, estime l’agriculteur. Les grosses chaleurs n’ont pas d’effet néfaste pour les céréales. Concernant la pluviométrie, on a eu plus de 100 mm d’eau au 1er mai et depuis pas grand-chose, ce qui n’est pas bénéfique pour nos cultures. » Ces facteurs auront des conséquences dans cette période de moisson.

Sa production sera essentiellement vendue en courtage, dans des usines alimentaires pour du bétail, mais aussi à l’Agrigal (coopérative agricole, ndlr). Et avec un cours des céréales à la hausse (un exemple, la tonne de blé tendre se situe autour des 190 €), la moisson 2015 s’annonce importante… mais indécise.

Luc Gallais

La région Centre et l’Indre-et-Loire, leaders dans les céréales

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Madonna reste la queen

Madonna revient en force avec MDNA, son 12eme album studio. La « Queen of pop » surprend par la variété de ses chansons. Une réussite.

MDNA sort dans les bacs le lundi 26 mars.

Elle se savait attendue, presque en danger par rapport à Lady Gaga, mais elle est toujours là. Près de 30 ans après son premier succès, Everybody, Madonna remet son titre de « Queen of pop » en jeu. Pour son 12eme album, MDNA, qui sort officiellement le 26 mars, la chanteuse a une nouvelle fois fait appel à William Orbit (déjà présent sur les albums Ray of Light et Music), ainsi qu’au DJ français Martin Solveig. En guise de mise en bouche, Madonna a chanté Give Me All Your Luvin’ durant la mi-temps de la 46e finale du Super Bowl, le 5 février à Indianapolis. Un premier single plus promotionnel qu’autre chose puisque le son ne reflète pas l’album.

Pop, club et…ballades intimes

L’album MDNA compile des chansons pop brillantes avec des titres club, et même de subtiles ballades. Un mélange qui commence par Gang bang, dont les paroles sont signées par l’Anglais Mika. La star règle ses comptes avec ses ennemis par des paroles presque vulgaires, le tout dans un rythme techno entrainant. I’m Addicted est dans le même tempo, la violence en moins. Mais c’est surtout le titre I don’t give A, en featuring avec la rappeuse Nicki Minaj, qui fait la différence. Madonna met dans les cordes tout le monde et surtout son ex-mari, Guy Ritchie : « J’ai essayé d’être une fille bien, une bonne épouse », envoie-t-elle au réalisateur. Cette chanson se termine par un instrumental épique avec cordes et chœurs, assurément la meilleure chanson de l’opus. Le frenchy Martin Solveig amène également du sang-neuf à l’album. Le DJ a produit trois morceaux, notamment Turn up the radio, qui fleure bon comme un potentiel tube de l’été. Une chanson simple, énergique, qui donne envie de danser. Enfin, avec I’m a sinner, la Madonne joue la corde de la sensibilité en accordant parfaitement une mélodie 80’s et des paroles bien choisies.

De rares déceptions

Parfois, l’exceptionnel devient banal avec Madonna. C’est le cas de certains titres, comme Some girls, passe-partout et surtout nulle part. On reste également sur notre faim avec Masterpiece, sans éclat ou Love Spent, un ton en-dessous du reste de l’album. Et que dire de Girl Gone Wild, un titre produit par l’italien Benny Benassi, taillé pour les discothèques, mais qui fait pschitt à force de vouloir imiter David Guetta… Heureusement, Superstar et Falling Free, des chansons intimistes, terminent l’album en beauté. Pour résumer, MDNA est un très bon album, bien produit, dans lequel on retrouve son ADN. Madonna continue d’imposer sa patte au monde de la pop. Et comme le martèle Nicki Minaj, à la fin d’I don’t give A: « Il n’y a qu’une seule reine, c’est Madonna. »

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La polémique MDNA vite essoufflée

Deux mois avant la sortie de son 12eme album, un début de polémique a éclaté suite au dévoilement de son nom : MDNA. Évocateur, cet abréviation de Madonna ressemble également à la MDMA , un autre nom donné à l’ecstasy. Un double-sens qui n’a pas plu au Cannabis Skunk Sense Group, un groupe anglais d’aide à la personne, qui a jugé ce titre d’album comme « une décision vraiment peu judicieuse ». Sur les réseaux sociaux, certaines personnes ont commenté ce titre d’album, en espérant qu’il soit « aussi addictif que la MDMA ». Et avec des chansons comme I’m addicted, la dépendance à Madonna reste grande.